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Blog Post Image: Expo-pionnier3-redim

Published 4 mai 2026 at 1810 × 2560 in Expo-pionnier3-redim

[Panneau 3] : [Description alt] Les pionniers de l’animation japonaise moderne (1917 - 1923) Partie 2 SHIMOKAWA Ôten Des discordes ont retenti de la part des anciens membres du studio Fukuhôdô après la fondation de Nikkatsu. En mars 1914, l’un des ex-employés, KOBAYASHI Kisaburô, décide de fonder Tenkatsu (Tennen Katsudô Shashin). Le studio se met à exploiter le Kinemacolor, un procédé cinématographique permettant de donner de la couleur à l’image. Il a été gardé secret par KOBAYASHI lors de la fusion des 4 studios. En parallèle, le studio s’adonne à de nouvelles expérimentations cinématographiques s’inscrivant dans le mouvement du cinéma pur. Il s’essaie aussi à l’animation en ouvrant à son tour un département, et commissione SHIMOKAWA Ôten, un mangaka et ancien élève de KITAZAWA Rakuten. Son premier film, Dekobô Shingachô - Imosuke Shishigari no Maki, sort en janvier 1917. Il est à ce jour considéré comme le premier film d’animation japonais projeté en salle obscure. Il réalise ensuite au moins cinq autres films. KÔUCHI Jun’ichi KOBAYASHI Kisaburô ne reste pas longtemps à Tenkatsu. Il s’en va à nouveau pour fonder un nouveau studio, Kobayashi Shôkai, en octobre 1916. Son but : importer des films étrangers et produire des rensageki (drames en série). Là encore, on expérimente avec l’animation. Kobayashi engage KÔUCHI Jun’ichi, lui aussi un mangaka et ancien élève de KITAZAWA Rakuten, et entame la réalisation du film Namakura-gatana. KÔUCHI décide de revenir dans l’animation à partir de 1923 et fonde le studio Sumikazu Eiga Sôsakusha. C’est là que ÔFUJI Noburô devient son apprenti, en 1926. Dans ce nouveau studio, KÔUCHI produit désormais des films sur les relations publiques, à commencer par un film sur GÔTÔ Shinpei, le ministre de l’intérieur. Même si Tenkatsu et Kobayashi Shôkai sont à l’origine du cinéma d’animation japonais, ils ne durent pas sur le long terme. Tenkatsu est finalement racheté en 1919. Quant à Kobayashi Shôkai, une crise financière pousse son fondateur à mettre la clé sous la porte, en 1917, peu après la diffusion des premiers films d’animation de KÔUCHI. [Auto-portrait - SHIMOKAWA Ôten (haut) & KÔUCHI Jun’ichi (bas)] Technologies et techniques d’animation de la première vague Puisqu’il ne reste que de très rares films et documents d’époque, on peut difficilement se faire une idée des techniques employées par KITAYAMA, SHIMOKAWA et KÔUCHI. KITAYAMA ne possédait aucune référence pour produire de l’animation. Il mentionne qu’il devine la mécanique occidentale seul en observant les films d’animation étrangers. Il a étudié ses mouvements en reflétant son ombre sur une porte coulissante en papier blanc. Jusqu’alors, les réalisateurs fixaient leurs dessins sur un mur ou un tableau, et positionnaient un appareil photo sur un trépied. Mais les nombreuses tentatives infructueuses ont poussé KITAYAMA à construire un banc-titre. Il s’agit de fixer l’appareil photo en hauteur, et en le dirigeant vers le dessin posé sur une table. Il y intègre également une source lumineuse pour éclairer le dessin. Il songe à la méthode du papier découpé, kirigami, où on bouge les éléments découpés sur un arrière-plan fixe : à cette époque, le celluloïd n’est pas disponible. Dessiner et découper les éléments s’avéraient rébarbatifs. Comme les mouvements en profondeur demandait beaucoup trop de temps, on évitait de les dessiner le plus possible. C’est pourtant bel et bien la méthode kirigami qui domine le milieu de l’animation jusqu’à la démocratisation du celluloïd. On en constate l’usage dans le film Usagi to Kame de YAMAMOTO Sanae, sorti en 1924. La méthode kirigami est enseignée et étudiée par YAMAMOTO Sanae et MURATA Yasuji. Malgré l’existence de techniques alternatives, comme les films en ombres chinoises de papiers découpés (chiyogami) de ÔFUJI Noburô, elle est indirectement étudiée et employée par MASAOKA Kenzô avec le celluloïd. De fait, c’est simplement par un jeu d’amélioration si on constate encore des similitudes avec les procédés d'après guerre. SHIMOKAWA Ôten explique qu’il a dessiné avec une craie blanche sur un tableau noir chaque dessin avant de les prendre en photo, en dessinant et en effaçant les dessins, un par un. La tâche se révélant difficile, il opte pour des dessins sur une feuille de papier, en la posant sur un bureau transparent, avec une ampoule par en dessous pour voir à travers le papier. Cette technique lui a causé des soucis aux yeux qui l’ont mené à arrêter de travailler dans l’animation. On constate qu’il est à l’origine de la table rétro-éclairée, encore en usage aujourd’hui. [Image Schéma d’un banc-titre par KITAYAMA Seitarô]

Les pionniers de l’animation japonaise moderne (1917 – 1923) Partie 2

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